Hugues

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Passage du permis

ou « Comment j'ai effectué 25h de leçon en 9 mois... »

Voilà presque un an et demi qu'un pote m'avait parlé du permis moto, et depuis quelques mois je commençais sérieusement à avoir envie de le passer. Allant bientôt changer de lieu de travail, il m'apparaissait évident que le 2 roues était le moyen de transport le plus adapté (pour aller de Paris à la Z.A. de Vélizy). D'autre part, le virus commençait à prendre de manière assez insistante...
Quitte à prendre un deux-roues motorisé pour aller au travail, autant prendre des vrais cours pour obtenir un vrai permis moto, afin d'acquérir des réflexes corrects.

Février 2006 − La moto-école
Au détour d'une rue dans mon quartier, je tombe sur la moto école Nicolas, rue Simart (Paris XVIII). Le temps de regarder les tarifs très corrects, Nicolas débarque et nous faisons donc connaissance. Ce contact a été intéressant : le moniteur ne prend qu'un élève à la fois, en se permettant en plus de les sélectionner pour ne pas avoir à supporter un élève prise de tête. La question de mon handicap (sourd appareillé), excluant l'utilisation du talkie, ne l'a pas déstabilisé, alors qu'il n'avait visiblement jamais eu d'élève comme moi. Bon point.
Avec les derniers renseignements pris, j'ai décidé de me jeter à l'eau le mois suivant, histoire de mûrir ma décision.
Mars-Avril-Mai 2006 − Inscription
Décision prise, je me jette à l'eau. Je me suis rapidement renseigné sur les tarifs généraux, et ceux de Nicolas figuraient parmi les moins chers, sans toutefois être trop criants.
L'inscription effectuée, le temps que le dossier parte à et revienne de la préfecture, j'en profite pour acheter mon matos sur les conseils de Nicolas : cax, blouson, et gants. Mes jeans classiques et mes épaisses chaussures montantes suffiront pour le reste.
Quelques jours plus tard, Nicolas m'informe que je dois passer une visite médicale pour vérifier que je suis bien apte à passer le permis moto (*soupir*... j'avais déjà effectué une visite de ce type pour mon permis B, 6 ans auparavant...). Il s'est occupé de tout, et m'a obtenu un RDV pour le mois suivant. Si j'avais fait les démarches moi-même ça m'aurait certainement pris plus de temps.
Visite médicale effectuée, le médecin m'ayant lâché un : «Pour ma retraite, je ne préférerais pas que vous passiez le permis moto, mais c'est bon. Soyez prudent !», c'est parti pour prendre des leçons. Yeepee !
Juin 2006 − Premières leçons
Après quelques RDV avortés pour cause de séjour à l'hôpital de mon moniteur − glps... est-ce pour tester ma motivation ? − j'effectue une évaluation afin de déterminer si je vais partir sur le forfait 20h ou 25h.
Nicolas m'emmène sur le terrain, à moto. Une fois arrivé, il me laisse les commandes, et me demande ce que je connais : à peu près tout, sauf le passage des vitesses en lui-même. C'est ensuite parti pour mes premiers tours de roues sur le terrain. Miam, que c'est bon...
Une dizaine de minutes plus tard, on repart... mais c'est moi qui emmène mon moniteur, cette fois-ci ! Et hop, pour quelques tours en circulation. Verdict : c'est parti pour 20h de leçon, mais s'il faut, on passera sur le forfait 25h.
Juillet à Octobre 2006 − On prend le rythme
Le rythme est enfin pris, à raison d'environ une leçon toutes les 1 ou 2 semaines. Mon emploi du temps au boulot n'aidant pas, avec les annulations de cours au dernier moment, les reports, etc... Mais je fais avec ! Je veux passer mon permis dans de bonnes conditions, je ne souhaite pas foncer tête baissée. Mon moniteur a une approche que j'aime beaucoup : du pratique, de l'important. Et sa façon de me faire progresser en m'imposant des difficultés particulières telles que slalom d'une main, debout sur la moto, avec les portes un peu plus écartées, etc, me convient parfaitement. Je sens le moniteur qui veut faire de bons motards.
Octobre à Décembre 2006 − Plateau imminent...
Fin octobre, après à peine une dizaine d'heures de leçon prises en 4 mois, Nicolas m'annonce qu'il prévoit de me faire passer le permis vers la mi-novembre. Tout s'accélère alors... les leçons restantes sont programmées la semaine d'avant, et tout s'écroule au moment d'entamer le rush : annulation du permis. La raison incombant en partie aux grèves de la SNCF, je suis de toutes façons impuissant face à ça.
Une semaine plus tard, Nicolas me parle de passer le permis à la fin du mois. Puis début décembre. Puis une date : le 6 décembre. C'est reparti pour reprogrammer le rush, en mettant une leçon un samedi à mi-chemin pour garder la main.
Le samedi de ma leçon, vers la troisième semaine de novembre, re-belote ! Cette fois-ci, l'examinateur a purement "annulé tous les examens de début décembre"... La leçon est finalement annulée, Nicolas ne voyant aucun intérêt à me faire prendre une heure si "tôt". Il la remet donc à la semaine suivante.
À ce moment-là, vers la fin du mois de novembre, c'est "définitif", j'ai une date de passage pour le plateau : 26 décembre. Et cette fois-ci «il n'y a pas de raison, tu passeras à cette date». La leçon est prise... Rhââ, quel bonheur de reprendre la moto après un mois et demi sans en avoir fait !
Un peu plus tard, l'examen est encore reporté... mais d'une journée :-). Ça va encore. Les leçons programmées ne bougent plus. À partir du 21 décembre, je prends mes congés jusqu'à la fin de l'année pour me consacrer à fond à ce beep de plateau ! J'en suis alors à 13h de moto, il m'en reste environ une dizaine à faire encore, et j'ai à peu près tout vu excepté le slalom rapide complet (nous n'avions travaillé jusque là que quelques aspects du rapide, tels que les différents arrêts, et surtout le demi-tour), le maniement de la moto à la main et le lent avec passager.
22 Décembre 2006 − Le clash
Le vendredi 22 décembre, après 5h(!) de moto réparties dans la journée, j'ai consommé mes 20h de forfait, modulo une demie-heure de circulation avortée quelques semaines auparavant. Nicolas me fait donc prendre 6 heures de leçons supplémentaires, qu'il faut régler à l'avance. Et là, c'est le drame...
Certains s'en souviendront, à l'issue de l'évaluation, et plusieurs fois en cours de route, Nicolas me disait me faire passer sur le forfait 25h si besoin est. Bizarrement, ce jour-là, il n'en était plus question ! En allant récupérer mon chéquier chez moi, j'en profite pour faire les comptes : il me demande, en clair, 240€ (pour 40€ l'heure de leçon supplémentaire), alors que me faire passer du forfait 20h au forfait 25h m'aurait coûté en gros 150€ + une heure de leçon en rab, soit 190€. Très honnêtement, je n'en étais pas à 50€ près, et Nicolas les méritait. Non, ce que je n'ai pas aimé, mais pas du tout, c'est qu'il me dise une chose tout ce temps et qu'au moment de passer à la caisse, ce soit oublié !
Lui disant cela, j'en profite pour lui signaler que le forfait de 20h que j'avais payé en trois fois, avait été surpayé de 3€ (une bagatelle). Vu comment se déroulaient les choses, je lui ai clairement dit que je lui avançait les 240€ de leçon, mais que du coup je retenais ce trop-plein payé de 3€. À ce moment-là, ça a failli clasher. Il a eu un regard très mauvais, comme si c'était moi qui essayait de l'entuber... Il a récupéré la feuille des tarifs que j'avais en début d'année (vu qu'ils ont augmenté au moins deux fois depuis), a fait une brève soustraction entre le forfait 25h et le forfait 20h, et en a déduit donc 230€. (Uh ?? Après vérification, il s'est emmêlé les pinceaux dans un des tarifs, me comptant donc 80€ en trop selon son calcul... vous suivez ??)
Au bilan, il a tenté de me faire payer cash 6h de leçon au lieu de me faire payer la différence entre deux forfaits, comme prévu oralement depuis le départ.Avec cette histoire, il m'a donc fait payer au final, la différence entre le forfait 25h et le forfait 20h − du moins selon son calcul erroné. Ayant déjà commencé à rédiger le chèque de 240€, il m'a donné un billet de 10€ pour arrondir aux 230€ qu'il avait calculés. Billet que j'ai refusé, et qu'il a mis directement dans ma poche.
Je suis sorti dégoûté de cette histoire. Tout allait si bien depuis 6 mois, le plateau était prévu pour dans quelques jours et ça faisait deux mois que j'attendais ça, et voilà que je me fritte avec mon moniteur par sa faute !!
Il m'a même très clairement dit : «Je vais te montrer, moi. Que tu sois prêt ou pas pour le plateau, j'en ai rien à foutre, tu y iras. Ça t'apprendra à jouer avec moi». Je n'en croyais pas mes oreilles, mes yeux, ni mon cerveau.. J'étais vraiment abasourdi par cette histoire !
27 Décembre 2006 − Le plateau
Ne perdons pas de vue l'essentiel ! L'important, c'est le plateau. J'ai tenté de régler cela avec lui à l'amiable la veille de l'examen, mais rien à faire. Il refusait catégoriquement de discuter, continuant d'affirmer que j'avais voulu jouer avec lui. J'ai donc passé deux heures de moto la mort dans l'âme. Il reste professionnel, mais je ne retrouve plus aucune lueur de sympathie dans son regard. Mes erreurs sont engueulées comme il l'a toujours fait jusque là, et une fois que j'arrive à faire l'exercice proprement, j'ai juste droit à un bref acquiescement de tête, sans plus. Je sens un petit noeud entre les poumons.
Le jour J, je ne lui serre même pas la main, j'effectue encore deux heures de leçons avant l'épreuve fatidique. Je merde lamentablement mon évitement, et n'arrive pas à l'améliorer de façon aussi criante que j'avais progressé ces derniers jours... Bref, je commence à flipper un peu, je me dis que je vais rater mon plateau.
Après quelques minutes de pause, nous enfourchons une moto chacun, Nicolas et moi, et allons sur le lieu d'examen, du côté de Vélizy. Passage par le périphérique, puis la N118 − une première pour moi à moto, qui n'étais pas encore sorti de Paris avec. Ben ça décoiffe ;-) −.
Sur le plateau, je rencontre 5 autres candidats originaires de Meudon. Je passe en second, cool. Une première bonne nouvelle : ça me permettra d'appréhender l'épreuve en regardant le premier candidat, puis d'attaquer directement sans avoir le temps de me mettre trop de pression. Résultat des courses : un "B" pour avoir oublié la vérification de la tension de la chaîne (Grr, je le savais que j'avais oublié un truc ! Mais tant que ce n'était pas la vérification éliminatoire...), un "A" pour le lent, le retour avec mon moniteur en passager − jamais préparé d'ailleurs − s'étant très bien passé. C'est vrai que c'était du gâteau, mais les heures de pratique du slalom ont largement payé aussi. Un "B" pour le rapide, pour avoir cogné un cone sur la montée. Sur ce coup j'avais démarré un peu n'importe comment, je n'arrivais pas à garder le rythme, mais cet accroc m'a au moins remis du plomb dans les ailes. Je me suis concentré sur le reste du parcours, et ça a payé : virage nickel (merci Nicolas pour ces heures d'entraînement, et je suis sincère), slalom retour à peu près correct, en ayant pris soin de prendre mes distances avec les cônes − un deuxième accroc aurait été éliminatoire −, puis freinage avec rétrogradage nickel. J'y suis allé plus fort sur les passages de vitesse, histoire de bien marquer le rétrogradage, et j'ai fini à 30cm de la ligne d'arrivée, dans les temps. Oufffff... Le plus dur est passé !
L'examinatrice m'a proposé de tenter un second essai, mais je n'ai pas eu envie de risquer une chute ou une note éliminatoire. Pour les fiches, j'ai eu droit au «Motard vu par les autres». J'avais tout bien révisé, questions spécifiques au code et à la moto compris, et je me suis vu gratifier un "A". Yay! Le soulagement !!
Dé-briefing avec Nicolas, globalement tout s'est bien passé même s'il faisait super froid − comme cela j'étais incapable de savoir si j'avais peur ou froid :-D − et je m'en suis même mieux sorti que d'autres sur le lent et le rapide. Surtout pour le demi-tour... de ce que j'ai vu sur les candidats suivants en tout cas. Retour sur Paris, re-miam l'autoroute, et j'offre un café à Nicolas. Je commence à me demander si ces embrouilles n'ont pas porté leurs fruits : ça aura au moins eu le mérite de me mettre une grosse pression pour que j'obtienne ce plateau coûte que coûte ! En tout cas, les relations avec Nicolas se sont nettement améliorées. Je me sens beaucoup mieux...
Janvier 2007 − Au tour de la circulation...
Prévu pour le 31 janvier, ça me laisse le temps de souffler, de trouver un garage pour garer ma future moto, de m'arranger à droite et à gauche, de profiter du temps, de me vider la tête... Affaire à suivre donc ;-) Il me reste 2h de leçon à consommer (tiens, ce n'est plus une seule ? Décidément je le comprends mal...), et ça devrait être largement suffisant.
...d'être reportée !
Le 29 janvier au soir, je passe à la moto école prendre mes 2 dernières heures de leçon avant l'examen tant attendu. Et là, Nicolas me dit "tu passes le 14 février à 10h". Euh... Je me sens tout d'un coup très las. On reporte les leçons au 10 février, il n'avait toujours pas appellé la préfecture comme cela doit être fait pour mon examen (c'est la procédure, me demandez pas pourquoi), et il veut me faire faire une heure de leçon dans les conditions de l'examen. Pourquoi pas. Je rentre chez moi. Je suis furieux. Je souffle un peu. Et puis bon, que sont 15 jours de plus ou de moins ? Zut.
Février 2007 − Le sprint final
Le samedi 10, avant le passage de la circulation, Nicolas me fait rouler dans Saint-Denis après m'avoir indiqué 3 ou 4 carrefours à prendre. Je me rends compte que devoir compter sur moi-même pour tout faire (prendre les décisions, et surtout savoir où je dois aller dans un bled que je ne connais même pas), c'est pas évident du tout. La pression monte assez vite et je me mets à faire des conneries comme couper un virage et me retrouver sur la file de gauche dans une voie à double sens, me retrouver comme un con devant une sortie de sens unique (un sens interdit quoi) et ne pas savoir quoi faire pendant quelques secondes, etc... Bref, je le sens pas. Rendez-vous pris pour la dernière heure de circulation le mardi suivant, à 20h
Un sentiment de déjà vu...
Mardi, 19h55, je me pointe devant la moto-école, porte close, moto sortie, lumières allumées. Ok, Nicolas doit être avec un élève. 20h20, mais qu'est ce qu'il fout ? Je l'appelle au téléphone, et je lui demande s'il ne m'a pas oublié. Et là j'entends "mais je t'ai attendu hier !". Aïe, ça pue. Je me sens encore plus las qu'avant. Je suis censé passer le lendemain, à quoi joue-t-il encore ? Il me fait "bouge pas, j'arrive". Une fois arrivé (en effet, il était en leçon avec un apprenti motard, fort sympathique d'ailleurs), il me sort "Tu passes pas demain, j'ai appellé la préfecture, ce sera vendredi de la semaine prochaine". Et moi "Et mercredi ou jeudi prochain, tu me diras quoi ? Que c'est encore pour plus tard ? Moi je veux bien te croire, mais tu vois, je me pose des questions. Ça fait au moins la troisième fois que tu me fais le coup au dernier moment". Bref, je commence à m'énerver un peu, mais je garde mon calme. Je lui rappelle que je prends des RTT pour toutes ces conneries, et que je claque tout ça à cause de lui. Je m'en fous un peu, certes, mais c'est pour le principe. Que le passage du permis soit reporté parce qu'il ne le sent pas trop, ok, pas de problème ! Je préfère ça à être présenté à une épreuve alors que je ne suis pas prêt. Mais qu'il me dise la veille, à plusieurs reprises, que c'est reporté, franchement...
Finalement il me lâche le morceau. "Écoute, demain matin, 7h00, tu viens avec moi. Tu passes pas l'épreuve, mais tu vas voir comment ça se passe. Et on va tourner un peu dans le coin pour que je te montre les virages, les ronds-points, tout ça.". Bon sang, il pouvait pas le dire plus tôt ? Faut lui tirer les vers du nez... :) Bref, ce qui est dit est fait, j'accompagne effectivement Nicolas et un autre élève motard à son épreuve de circulation. Mine de rien, dans ma tête, je ne suis pas du tout stressé. Bien vu. Dans ma tête, je me dis quand même que j'aurais pu le passer à ce moment-là, tout de suite. Bref.
Pendant que Nicolas fait passer l'épreuve à l'élève qui était avec nous, j'attends en regardant des candidats passer le plateau. C'est marrant, à peine plus d'un mois que je l'ai passé, et tout me paraît déjà si loin, si facile... Il y en a même un qui se vautre dans le virage; aïe, il a gagné sa journée.
Mercredi 21, je retrouve Nicolas pour mes 2 dernières heures de route prévue avant le permis (serait-ce le bon cette fois-ci ?). Je lui donne mon livret d'apprentissage qu'il joint aussitôt à un dossier (probablement celui pour le passage de la circulation), puis il passe de suite un coup de fil à la préfecture pour les prévenir qu'il va présenter un élève malentendant. Enfin, il m'explique qu'il ne voit aucun intérêt à me faire rouler. Il m'a vu me débrouiller, à quoi bon me faire prendre deux heures de leçon pour rien ? Je n'y vois aucun problème, cependant je l'accompagne sur le plateau avec un autre élève qu'il doit présenter la semaine suivante. J'en profite du coup pour bavarder un peu avec eux, casser un peu la glace, tuer le temps.. Bref, c'est un moment cool. Je parle même à Nicolas d'une envie de revenir sur le plateau, une fois le permis en poche, avec mon appareil photo pour prendre quelques prises de vues. L'idée lui plaît. En repartant, il me lance "Vendredi, ici, à 7h00 hein !".
Vendredi 23 − La circulation
Je me suis couché super tôt la veille, du coup je me suis réveillé super tôt. Un peu trop tôt, même. Je suis donc assez frais, à 7h00, devant la moto école. J'attends. 10 minutes. 20. Je commence à trouver le temps un peu long. 30... Mais qu'est ce qu'il fout ?... à 40, je l'appelle. Ah, le voilà ! Il avait fait exprès de me dire 7h00, il me dit que ça arrive souvent que les élèves soient à la masse et arrivent en retard. Joliment préparé.
Bon, visiblement, ça y est. On part, moi derrière avec la Suzuki, lui devant dans sa voiture école. On fait un petit peu de ville, on roule, puis brusquement, il s'arrête sur le côté : "Rhaputain, j'ai oublié ton dossier !!". Je suis amusé :) On retourne donc le prendre, et on repart sur les environs du lieu d'examen. Une fois sur place, on tourne un peu, on fait un peu d'autoroute, il me fait prendre deux ou trois fois l'autoroute. Je suis toujours derrière la voiture, je ne fais que suivre, tout en essayant d'être actif dans mes gestes. Une fois que j'ai bien fait tout fait proprement, on va s'amuser sur quelques ronds points. Il me bouscule un peu : "T'es trop mou !", "Qu'est ce que tu fous ?? Avance un peu !", "Non mais ça va pas de faire ça ? Tu veux te faire griller à l'examen c'est ça ??", etc.. Je ne bronche pratiquement pas. Je sais que ça fait partie du jeu.
Une fois arrivé sur le lieu fatidique, où j'échange quelques mots avec des élèves qui viennent de passer leur circu, j'apprends que ça se passe plutôt bien pour eux. Cool pour eux. Je ne me pose pas trop de questions, j'ai juste une petite appréhension sur le comment ça va se passer, surtout en ville, avec les vices cachés, tout ça... J'espère ne pas faire de connerie stupide.
Mon tour vient rapidement. Vers 10h30, l'examinateur me salue oralement, puis monte dans la voiture de mon moniteur. Ils restent là quelques instants, puis on m'appelle. Je viens, je dis bonjour et toutes ces conneries. J'aperçois, sur les genoux de l'examinateur, des indications de direction écrites en très gros sur du papier A4. Oulalah me dis-je, pourquoi est-ce écrit si gros ? Il a peur que je ne comprenne pas bien ? En plus, l'examinateur reste silencieux... Merde, c'est quoi ce binz ? Là, Nicolas me lance : "Ton casque !!". "Ah oui, excusez-moi !". Je suis un peu à la masse, j'enlève mon casque, et là l'examinateur commence à me parler. En gros, ça ressemble à ceci : "Bonjour, alors j'explique le topo : vous respectez bien le code de la route, vous restez dynamique, et, euh...". Il a un trou... Il se met à rigoler doucement. C'est sympa, ça détend un peu l'atmosphère. Et il reprend "Bref. On va faire de l'autoroute, et là, je veux que vous preniez une initiative de dépassement. Je préfère vous voir un peu au dessus de la limite de vitesse plutôt que dangereusement placé à côté ou derrière un camion. J'ai écrit ici les indications de direction, on les regarde ensemble et je les scotche sur le réservoir de la moto.". Aah, c'est pour ça que c'était écrit aussi gros. Bon sang c'est pas con, au cas où j'ai un ptit trou. "Ah oui, aussi, en cas de problème, on vous fait des appels de phare et on se met devant vous. De même si vous avez un problème, faites nous signe et on s'arrête dès qu'on peut, mais ne vous arrêtez pas sur l'autoroute hein !". Pas de problème. Bref, c'est parti, rétro, angle mort, clignotant, je sors, et gaz ;)
Un peu plus tard, on arrive sur le point de "pause", on met à jour les informations de direction (qui sont d'ailleurs très simples : on retourne au point de départ. Déjà ??) et il me dit "Jusque là c'était bien, continuez comme ça.". C'est reparti. Je reprends l'autoroute après quelques virolos bien sympas (je m'égare un peu), et là, situation délicate. Je suis à droite, une voiture remplit la file du milieu, c'est tout dégagé devant moi et ya pas mal de monde qui arrive. Mais cette con de voiture reste désespérément à une vitesse largement inférieure à la limitation de l'autoroute... Bon allez hop, rétro, angle mort vite fait, clignotant, c'est bon, je me mets derrière elle, et rebelotte pour la dépasser. Evidemment c'est ce moment là qu'ont choisi une dizaines de voitures pour me fondre dessus, c'est donc passé très vite, un trou, je dépasse, et je me rabats devant la voiture doublée. Puis je me rabats à droite, là où ya de la place. Et merde, je me dis que je suis grillé. C'était limite, je sais pas du tout si l'examinateur va apprécier... Bref je continue quand même, je roule dans le flot, pas trop vite ni pas assez, puis je guette la sortie d'autoroute et mets mon clignotant assez tôt (la vache la sortie était à 1km, pas 100m comme je le croyais au départ..) Bref, un peu mou. Je n'entreprends aucun dépassement qui m'obligerait à me rabattre dangereusement si la sortie apparaissait à l'insu de mon plein gré. Bref, aucune prise de risque. On sort, je ralentis, rond point, contrôle, cligno, contrôle, j'entre, je sors, enfin bref... Et on arrive. On s'arrête. L'examinateur me demande : "Alors, qu'en avez-vous pensé ?". Je réponds donc "Eh bien, globalement je suis assez satisfait, à part pour l'entrée d'autoroute au retour, où j'ai trouvé mon dépassement un peu limite. Mais j'ai réagit très vite, je ne voulais surtout pas continuer sur ma file ce qui aurait été assimilé à un dépassement par la droite, et là les voitures qui ont déboulé à ce moment m'ont un peu surpris donc j'ai pris ma décision très vite... Bref, à part ça...". Et là il me fait :
"Donc alors, la prochaine fois, vous l'aurez ?
− Euh.. excusez-moi ?
− La prochaine fois, vous aurez votre permis ?
− Ah bon, carrément... ?
− Non, je déconne. Félicitations.".
Rhopunaise :) Il m'avait presque eu :) Me voilà donc, enfin, en possession de ce fameux papier jaune ! Neuf mois (de grossesse ?) pour en arriver à ce résultat, et honnêtement, à y repenser, une fois que c'est terminé c'est tellement insignifiant...

5 mois et 10,000 bornes de moto plus tard...

Que c'est loin, tout ça ! On est en août 2007, la moto fait enfin partie intégrante de ma vie, et les déboires du permis ne sont qu'un vague souvenir. J'ai encore du mal à réaliser que ça ne fait que 5 mois que j'ai mon permis moto, alors que j'ai mis plus de 9 mois pour l'obtenir ! Le fait de ne pas voir le bout du tunnel rend le temps incroyablement long, tandis que le fait de pouvoir faire de la moto tous les jours sans aucune contrainte, c'est devenu un tel plaisir que mes souvenirs se concentrent là-dessus.

Les nombreuses balades moto que j'ai pu faire, les voyages, les amis que je me suis fait, etc... tout contribue à "oublier" les mauvaises passes. L'important, c'est de rouler, et de rester en vie. Je prends mon 2 roues environ tous les week-ends, au pire. Au mieux je m'en sers toute la semaine...

5 ans et 100,000 bornes de moto plus tard...

Gni ? Ce besoin de faire des phrases...

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